la peinture






C'est un couple : l'homme a des pensées noires, la femme des pensées sexuelles. Ils vivent des années chacun dans leurs pensées, chacun dans leurs tensions, jusqu'au moment où c'est intenable : il faut passer à l'acte.

Alors la femme prend des amants, entre au club échangiste, s'initie au SM. L'homme tente de se suicider, trois fois, il échoue trois fois. Finalement il se met à la peinture. 

Il tient des images, étale des couleurs, forme des scènes violentes entre un réalisme démesurément cru à la Rustin, et un matiérisme lumineux à la Leroy. Il commence à vendre.

Un soir, pour la femme, c'est un incident de séance : elle reste douze heures enfermée dans un donjon, sur une croix de saint André. Elle perd connaissance. Elle est traumatisée. Elle sort moins, se rapproche de son mari que la peinture a ragaillardi, que les ventes ont re-narcisisé. Ils recouchent ensemble, dans une certaine douceur.

Un soir la femme veut être attachée, injuriée, humiliée. L'homme essaye mais il ne sait pas faire. La femme pleure, elle est à bout. L'homme s'excuse. La frustration s'installe. Bientôt la tension revient, intenable. L'homme se re-suicide, il réussit. Elle l'enterre. La femme devient frigide, toute excitation est morte en elle. Elle vend la maison, emménage en bord de mer, isolée.

Un jour, elle marche sur la plage, elle croise un ancien amant. Elle l'invite, ils recouchent, mais quelque chose est cassé en elle, ça ne marche pas. L'amant est saoul, il est à bout, vexé, il tente de l'étrangler. Elle s'en échappe en l'assommant. Elle s'enfuit, laissant le corps dans le salon.

Elle conduit longtemps, elle arrive dans le Lot, dans un hôtel. Dans sa chambre, sur le mur, il y a un tableau de son mari. Elle pleure. Le téléphone sonne, c'est la réception. Quelqu'un l'attend en bas. Elle descend. C'est la police. Elle se jette dans la piscine, elle coule, on la repêche. La police l'emmène. Elle dit que l'amant était violent, c'est pourquoi elle l'a assommé. On la libère. 

Elle reprend la route, elle rentre chez elle. Dans le garage des tubes des pinceaux des toiles, restent. Elle se met peindre. Au début comme ça, et puis rapidement chaque jour, chaque soir. Elle ne peint pas des scènes mais des visages, des bites et des chattes, comme d'anormalement trop près, en trop démesurés gros plans.

Elle re-contacte d'anciennes connaissances, des membres de clubs, de cercles SM, qui lui achètent ses toiles. Elle vit la nuit, dans le garage, dans la peinture. Elle vit le jour elle dort. Les pensées sexuelles ne lui viennent plus, elle travaille, elle gagne de l'argent.

Une nuit elle s'endort dans le garage, sur le fauteuil. Elle rêve de son mari, il flotte dans une piscine, les yeux fermés, en parlant tout haut, il dit et dire que le cerveau des choses était à portée de main. Elle se réveille dans le calme du garage, c'est le matin, elle est heureuse.  

Une autre nuit c'est son téléphone qui sonne. Au bout du fil une voix qu'elle connaît, qui lui ordonne des gestes, des postures, de s'introduire des choses, d'être entravée. Elle est tétanisée mais c'est plus fort qu'elle, elle est aux ordres.

La voix rappelle. Au début une fois par semaine. Et dans le garage elle s'exécute, laissant le tableau de côté. Chaque fois ça dure la nuit. Puis un soir sur deux, puis chaque soir, la voix est là, et elle dans le garage ne peint plus et s'exécute, se brûle, s'enfonce, s'attache, chaque nuit. Elle ne vend plus.

Au bout de trois mois, un soir, de s'être marquée, striée à la lame, épuisée d'être aux ordres de la voix depuis trois mois, que le sang coule, elle s'évanouit dans le garage. La voix téléphone mais, au sol inconsciente, elle ne répond pas. Quelqu'un, dans l'heure, vient sonner à sa porte, taper. Et au tournevis travaille la serrure du garage, l'ouvre. C'est la voix. Elle l'emporte dans sa voiture, chez elle, la soigne, la nourrit, donne les soins.    

Au bout de trois jours c'est le réveil. La femme voit la voix du téléphone, qui est un homme, qu'elle croyait connaître, du temps du SM, mais qu'à l'évidence elle ne connaît pas. Une connaissance commune aura donné le numéro de téléphone de la peintre à la voix. Ils se parlent. L'homme est affable. La femme reprend force.

Il la ramène chez elle. Dans le garage ils boivent du vin. Elle veut le peindre nu. Il dit oui. C'est les séances la nuit. Au matin il rentre dormir chez lui. Ça dure comme ça six nuits. A la septième, au matin, le tableau est là. L'homme est heureux, le tableau est beau, il l'achète. La femme aussi est heureuse, c'est son premier portrait de pied, où le corps n'est pas fragmenté. Ils ouvrent une bouteille à bulles, qu'ils boivent. L'homme s'habille il rentre chez lui. Devant la porte du garage, ils se serrent la main.  

Il accroche la toile au mur blanc devant son lit. Il fume. Il se regarde. Il ne sort plus de chez lui, il pense, devant son portrait peint. Avec son téléphone portable il se photographie, nu, il prend des poses. Il ouvre un blog, poste ses poses, les photographies circulent. Un soir, il reçoit un email.

C'est un homme, il a une demande. Il marque les peaux au fouet. Il voudrait le marquer, il lui demande. L'homme du tableau refuse. Un autre jour c'est un autre email, une femme, elle propose une rencontre. L'homme refuse. Une autre fois c'est un autre email, une femme, une autre, elle a une demande, c'est le rencontrer. Il accepte. Dans un café ils se voient, alors elle lui dit sa vraie demande, une initiation, elle voudrait être esclave. L'homme refuse. Il rentre chez lui, il classe les photographies, il fume, il ne sort plus.

Puis il la rappelle, il lui propose quelqu'un, un maître de sa connaissance, qui pourrait être intéressé. La femme refuse, elle le voulait lui, et nul autre. L'homme est touché. Il lui écrit, des sms. Elle répond, elle le relance, elle attend. Trois jours plus tard ils se revoient, dans un café. Elle le supplie. L'homme sort de la solitude, il accepte.

C'est des narrations. Elle est son personnage, lui l'auteur pervers. Il propose. Elle a des devoirs : le soirs c'est avec lui, il la soumet, c'est des postures, des entraves, jusqu'à jouir sur elle. Le jour c'est sans lui, elle travaille, alors à distance elle doit obéir, suivre le plan qu'il lui dicte, par écrit.   

Les devoirs le jour : à son travail provoquer les mâles, tôt le matin sucer l'homme d'entretien, manger des asperges le midi et pisser dans les corbeilles de papier, se toucher en réunion, avoir toujours au derrière un objet enfoncé. Elle l'aime. Lui c'est le maître, il dispose.  

A chaque tâche accomplie, c'est une photographie qu'elle doit faire, avec son téléphone portable : La bite luisante de l'homme d'entretien, une corbeille souillée, le plug dans son cul, son visage couvert de crachats : toutes les choses du jour, demandées.    

Un soir, c'est chez lui, dans sa maison, pour la première fois. Enchaînée au cou elle le sert, elle se déplace à quatre pattes. Des hommes arrivent. Le maître leur propose sa chose, ils l'utilisent.  

Au bout de cinq heures elle est épuisée. Les hommes partent. Il lui ouvre sa chambre. Au bord du lit elle s'assoie. Sa tête se lève vers le tableau, qu'elle regarde. Elle le reconnaît. C'est la première fois qu'elle le voit nu.

Il va dans le salon, il fume. Il allume la télévision. C'est un documentaire. On voit un orang-outan fumer une cigarette. Il est dépendant. Depuis dix ans les visiteurs du zoo lui envoie des cigarettes allumées, par les barreaux. L'homme éteint. Dans la chambre il rejoint la chose. Elle dort.  

Le lendemain il pleut. Ils se réveillent tous les deux. Elle l'aime. Il la regarde. Toute sa peau est pelliculée de sperme sec. Il l'aime. Ce besoin d'avoir été seul le quitte, il le sent. Il l'embrasse. Dix jours plus tard il vend le tableau. L'acquéreur est un ami collectionneur, de lui.   

Le collectionneur est un homme chauve, il a fait fortune. Il voyage. Il a une maison dans les montagnes, vers Grenoble, où les peintures sont aux murs. C'est des portraits, par centaines, et aussi des dessins. Des paysages, des scènes. Il y a même un Klossowski. Un soir il organise une fête.

Le monde arrive. Des gens riches, des gens beaux. L'homme du tableau est là, avec sa chose. On présente la chose au collectionneur. Les gens boivent. La vue est sublime, il y a les nuages là-haut sur les cimes, c'est le Vercors. Puis quelqu'un crie : deux hommes se battent, ils tombent dans la piscine, du sang se mélange à l'eau. On les repêche. L'un d'eux est l'homme du tableau. On les sépare. Dans sa voiture l'homme du tableau fuit.  

La chose reste, affolée, on la rassure. Elle boit, elle se calme. Un couple propose de la raccompagner en ville, à son hôtel. Elle y entre mais l'homme n'est plus là. Elle s'affole. On la remonte chez le collectionneur.

Les gens riches beaux sont partis, la fête est finie. Elle est dans les sofas avec le collectionneur chauve. Il lui parle de l'homme au tableau, dit qu'il est veuf, jeune retraité, revenu d'une vie dissolue, revenu du SM, aspirant à la solitude, les choses qu'elle sait déjà. Elle lui demande à voir le tableau de l'homme au tableau. Le collectionneur lui dit non, qu'il l'a revendu. Elle se met en larme.   

Il la calme. Elle boit. Se baigne nu dans la piscine, le sang ne flotte plus. Ils dorment.

Le matin dans un train elle descend dans le sud. Devant la mer, elle entre elle se baigne nue. Les vagues la frappent elle boit la tasse. Elle sort sans serviette, se sèche au soleil. Sa peau pelliculée de sel, ses cheveux, ses vêtements froissés, tout indique qu'elle veut mourir. Elle retourne dans l'eau, effectivement s'y noie. On la repêche, c'est trop tard, c'est un corps à la morgue. On vient l'identifier.

C'est le peintre. Il reconnaît le corps, le nomme, signe les papiers, l'arrêt de mort. Il est triste, il s'enferme chez lui, pour ne plus sortir jamais.

Un jour son téléphone sonne. C'est sa fille. Elle veut le voir, le connaître, elle a grandi sans lui. Il accepte, se rend chez elle, en Ardèche, rencontre son ami, leurs enfants, ses petits-enfants. Quelque chose l'écoeure, dans leur couple leur famille quelque chose l'écoeure, il s'en va.

Sa fille est désolée. Abandonnée par lui une seconde fois, elle entre en dépression. Son compagnon s'inquiète. Ils ne se parlent plus. Un matin il part avec les enfant. Elle reste dans la maison. Elle commence d'écrire. C'est une histoire d'animaux, de chasseurs et d'aventuriers qui remontent un fleuve. Un soir elle brûle tout et saoule, quitte la maison. 

Elle marche dans la forêt, sans lumière. Elle s'endort dans le froid. Au matin elle est presque morte. Elle appelle son mari. Il ne répond pas. Elle meurt.

On la trouve cinq jours après, des promeneurs. Aux obsèques le père vient, il n'arrive pas à pleurer. En rentrant chez lui, il s'arrête à une station service. Il s'achète des bonbons, il lit le journal. C'est là qu'il pleure, la bouche pleine, en mâchant les tagadas.

Chez lui il pousse les meubles du salon, il ouvre l'espace, descend en ville, achète des pots de l'huile de la toile, rentre, il commence à peindre.

Au début c'est des tâches, des aplats, de la couleur, des choses. Un jour, une forme s'autonomise, il insiste, c'est un visage. Un autre jour il reconnait le visage, c'est le sien. Vaguement. Il persiste, s'arrange un gros nez, des yeux défaits, il se reconnaît. Après la peinture il boit, il est saoul, il est heureux.

Un matin il appelle le collectionneur, lui propose des toiles. Le collectionneur vient, il regarde, il repart, il n'a rien acheté. Le peintre persévère. 

Une nuit il sabote la toile de mots écrits dessus, qui recouvrent. Il insiste. Sur la toile il rédige. À la fin il n'y a plus que des mots. Il recopie le texte sur un cahier. 

Il envoie le cahier à ses petits enfants. Le père des petits-enfants répond. Ils se voient. Le père des petits-enfants, à la mort, s'est mis à peindre. Le peintre demande à voir les toiles du père des petits-enfants. Le père des petits-enfants lui montre : c'est des monochromes noir. Dans une certaine lumière, de biais, on peut voir dessiné au crayon, très fin, des corps qui flottent, des gisants peut-être. Le peintre propose un prix. La père des petits-enfants dit oui. Ils se serrent la main. 


(...) 




la photographie



J'aime beaucoup ce que vous faites. Ça m'a tout de suite sauté à la gueule. C'est très fort très déstabilisant. On se le prend dans le plexus, et après ça tourne encore longtemps dans le plexus. Plusieurs jours. C'est un cognement qui vient au plexus, et qui fore, et qui s'installe. Vous devez être quelqu'un de très angoissé, je l'ai vu tout de suite. Je l'ai vue suinter de vos images l'angoisse, elle est là. Mais aussi vous devez savoir la dompter l'angoisse, parce qu'il y a une maitrise, une mise à distance, il y a un cadrage au millimètre et qui n'est pas qu'un savoir-faire, qui n'est pas qu'un truc de professionnel de l'image mais qui est une empathie pure. Vos images ne viennent pas du monde, vos images viennent d'un lieu derrière le monde, un lieu fantôme. C'est elles qui viennent vers vous, elles vous ont élu. Ça je l'ai senti. Vous faites du zazen non. Ha bon. Et puis vous parlez peu, et c'est un don le silence. Je vous imagine parler à la lumière. Vous vivez seul. À la campagne. Ha bon. Regardez-vous dans une glace, il n'y a aucune imposture en vous, c'est rare. Tout le monde a quelque part en lui un imposteur mais pas vous, et c'est rare. Votre cerveau est ouvert sur une mémoire, sur une mémoire plus ample que la vôtre. Vos gestes prouvent quelque chose, vous avez des gestes trop élancés, plus amples que nécessaires. Votre main va chercher plus loin que votre verre, je l'ai vu, elle cherche quelque chose au-delà, au-delà du strict objet. Il y a une habitation en vous. Vous débordez de l'emplacement qui vous est réservé. Il y a un fantôme il me semble, un être en vous qui vous meut et vous déplace, d'une façon puissante, d'une façon bouleversante, je le vois dans vos gestes, dans votre silence. Je peux vous aider. Je vois les choses. Je sais ce qui se passe. En regardant les gens dans leur corps dans leurs gestes je vois ce qui se passe en eux qu'ils ne peuvent pas savoir. Non je ne suis pas une sorcière. Non je n'ai pas de dons. C'est de l'observation, c'est une sensation qui coule dans mon observation et qui me donne une connaissance, une connaissance des gens. Ça paraît obscur mais rien n'est plus simple. Je suis quelqu'un de concentré, ça aide pour ce que je fais. Je suis concentrée sur l'espace qui m'entoure, vingt-quatre heures sur vingt-quatre je suis concentrée sur l'espace autour de moi et si quelqu'un entre dans mon espace d'observation il passe avec sa connaissance, lui ne se la sent pas porter mais moi oui je sens la connaissance qu'il porte dans ses gestes. Je n'ai pas besoin de l'écouter, il n'a rien besoin de dire, la connaissance me vient dans les yeux, dans l'observation seule. À vous voir m'écouter je crois que vous me comprenez n'est-ce pas. Ça c'est ma carte, vous pouvez me téléphoner. Nous pourrions nous voir, je consulte. Non c'est sans parole vous n'avez rien besoin de me raconter. Je vous regarde et je traduis ce que je vois, en direct devant vous. Oui c'est moi qui parle en fait. Non ce n'est pas cher, et puis j'ai des tarifs dégressifs. Et puis, quand ce que je vois me plaît je parle beaucoup et ça me fait du bien, et à ce moment-là c'est moi qui vous paye. Vous voyez vous ne perdez rien à m'appeler. 

Le rapport des avalements



Si tu veux le vent c'est simple, c'est une masse de gaz en mouvement à la surface d'un plan, à la surface d'une planète. Et il y a comme pour toutes choses il y a des mouvements doux et des mouvements violents, voilà. Mais les vents les plus violents soufflent sur Neptune, sur Neptune et sur Saturne ils soufflent, mais pas par ici.

Si tu veux le vent vient d'un frottement, c'est le frottement de l'énergie solaire d'avec la rotation de la planète, c'est le frottement des deux qui crée le vent, quelque part.

Et si tu vas par là ce qui fait le vent, précisément, c'est l'écart dans ce frottement, c'est l'écart de température entre l'équateur et les pôles, qui cause une différence de pression, à la surface, de l'atmosphère. Et la terre en rotation vient taper dans la pression, dans la différence de pression, et c'est ça qui fait dévier la masse du flot de l'air qui du coup avance et tu as du vent, si tu veux, tu as des circulations d'air de vent de bises de tornades de cyclone d'anticyclone de dépressions, quelque part.

Et là-dessus c'est la variation, c'est à dire que là-dessus le rayonnement solaire varie, parce que chaque point de la terre reçoit l'énergie solaire différemment, à savoir que l'énergie est absorbée différemment selon la surface de la terre, par exemple selon qu'une mer, selon qu'un désert, selon qu'une forêt, selon que de la neige, selon qu'et caetera.

La différence de pression déplace l'air et fait le vent sur terre, et la terre tourne sur son axe, et la force est proportionnelle à la vitesse de l'air déplacé, alors l'air sera déplacé vers la droite dans l'hémispère Nord, et l'air sera déplacé vers la gauche dans l'hémisphère Sud. C'est normal. Au Nord les vents tournent donc dans le sens des aiguilles d'une montre, autour d'un anticyclone, et dans le sens inverse des aiguilles d'une montre autour d'une dépression, et pour l'hémisphère Sud c'est l'inverse, les vents tournent dans le sens inverse des aiguilles d'une montre autour d'un anticyclone, et dans le sens des aiguilles d'une montre autour d'une dépression.

Et maintenant écoute bien : tu vas lever la tête, et tu lèves la tête et tu vois au devant de tes yeux tu vois quoi, tu vois la galaxie, la voie lactée, qui est notre galaxie, et la voie lactée qu'est-ce qu'elle a, elle a les étoiles, et tu sais combien, elle est composée de cent milliards d'étoiles, tu y crois ou pas mais notre galaxie est composée de cent milliards d'étoiles, c'est comme ça.

Et maintenant tu vas baisser la tête, et tu baisses la tête et tu regardes en arrière de tes yeux et tu vois quoi, tu vois ton cerveau, ou ta cervelle, et ta cervelle elle a quoi, oui elle a les neurones, elle est composée de neurones et combien, cent milliards de neurones.

Et alors tu vois où je veux en venir : cent milliards d'étoiles, cent milliards de neurones, les pareils cent milliards. Tu imagines un peu. Mais continuons.

Au milieu de notre galaxie, tu sais ce qu'il y a au milieu de notre galaxie, au supposé milieu, il y a un trou noir, un trou noir hyper massif qui avale tout, tout ce qui se présente à lui, qui avale la nuit et qui avale le temps et qui avale la matière et qui avale la causalité elle même. Imagine, qui avale les lois même de la physique, les lois de la physique avalées dans un grand Rien, comme ça, au centre de notre galaxie.

Et continuons. Au milieu de notre cerveau, tu me suis, au supposé milieu il y a aussi, comme par hasard, un trou noir, un trou noir qui avale la sensation de soi, qui avale l'identité et qui avale le langage même. Et ce trou noir, qui est physiologiquement le troisième ventricule, entre les deux hémsiphères, est comme une boîte, une boîte au bout du canal central de la moelle épinière, qui est la boîte des nerfs subtils du crâne, où macère le liquide céphalo-rachidien, où baigne la substance grise. Et continuons.

Les étoiles, les cent milliards d'étoiles, elles sont en mouvement, en rotation lente autour du centre de notre galaxie, c'est normal.

De même pareil, autour du centre de notre cerveau, les phrases sont en rotation lente, elles tournent, dans l'hémisphère gauche les phrases tournent dans le sens des aiguilles d'une montre, et dans l'hémisphère droit les phrases tournent dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, c'est normal.

Mais au bord du trou, au bord du trou noir quand elles sont aspirées, avant d'être avalées, il faut savoir que les étoiles ne tournent plus lentement en rotation mais qu'elles tombent, si l'on veut, elles tombent sur les bords du trou noir et en spirale, elles tombent en spirale, avant d'être aspirées dans le coeur et d'être avalées massivement.

Et de même pareil, au bord du trou noir de notre cerveau, les phrases aussi sont attirées et dans leur attirance les phrases ne tournent plus lentement elles ne tournent plus ni à gauche ni à droite mais elles tombent et elles tombent en spirale, en spiralant en vrillant.

Et que ce mouvement en spirale des étoiles avalées soit le même mouvement que le mouvement discursif des phrases de langage en spirale avalées et que vice versa, le mouvement des phrases attirées par la boîte noire tombent dans le même mouvement spiralé que celui des étoiles attirées par un trou noir n'empêche pas que, par ailleurs, une étoile puisse mourir toute seule, suicidée, si elle n'a plus d'hydrogène elle meurt de ne plus pouvoir produire son énergie de subsistance l'étoile meurt et en mourant, d'ailleurs, libère une lueur qui le plus souvent donnera naissance à une autre étoile, une étoile à protons.

Ce qui n'empêche pas non plus qu'une phrase qui n'a plus d'oxygène meure, de son côté, sans même être avalée par un trou noir, quand elle ne peut plus produire son énergie de subsistance son oxygène s'épuise la phrase meurt et en mourant elle libère un silence, un silence qui pourra donner naissance à une autre phrase mais le plus souvent qui donne naissance à un geste, c'est plus simple.

Mais quand c'est dans le trou noir que ça se passe, il y a toujours un moment, juste avant, juste avant l'avalement, juste avant l'avalement de l'étoile par le trou noir galaxique ou juste avant l'avalement du neurone par le trou noir céphalique, il y a toujours un moment où vient souffler un grand vent, un dernier grand vent, il y a un moment, toujours, où un jet vient, provient, un jet de vent de tornades de cyclone sort du trou noir et souffle les cent milliards de neurones, remués, dans le grand vent, au bord du trou noir, d'où partent les cent milliards de neurones, comme des oiseaux, et se relient au cent milliards d'étoiles, les cent milliards de neurones du cerveau se relient au cent milliards d'étoiles de la voie lactée et la membrane se tend, entre eux, entre les cent milliards respectifs, la membrane est tendue, chaque point neuronal accroché à chaque point d'étoile tend la grande membrane tendue au maximum tendue à mort, et alors l'avalement commence, par les bords puisque, puisque, d'un côté, d'un côté l'extrémité de la membrane s'entortille dans le trou noir, galaxique, où les plus proches étoiles sont avalées et de l'autre, de l'autre côté à l'opposé, l'autre bout de la membrane s'entortille aspiré dans le trou noir du coeur du cerveau, où les neurones les plus proches sont avalées.



Et la membrane d'un côté de l'autre de chacun des deux trous noirs est aspirée avalée au fond de chacun des deux trous noirs si bien que la matière de la membrane après avoir était tendue à mort, se réduit, au fure et à mesure de l'avalement de l'espace-temps par les deux trous noirs des deux extrémitiés, si bien que notre univers se réduit, avalé et digéré par les bouts, et digéré par quoi, par deux anti estomacs, au centre notre univers se réduit se réduit se réduit pour arriver à quoi, pour arriver à un tout petit plan un petit plan de portion, et à ce moment là les deux trous noirs se redressent, dans l'espace, quelque part, et ils avancent, l'un vers l'autre, ils avancent en avalant, tout ce qui se présente, jusqu'au moment où les deux trous noirs massifs se retouvent l'un l'autre, face à face, il n'y a plus qu'eux, comme un seul homme, et attiré l'un par l'autre s'abouchent l'un à l'autre, face à face, comme deux trous d'évier verticaux, deux trous d'évier s'avalant l'un l'autre et s'évacuant l'un dans l'autre, amoureux.

Si vous avez des questions.









passe va descend



passe le bac va à la caf descend la poubelle prend la douche termine le yaourt je le dirai pas 2 fois va au dentiste 


va au dentiste prend la douche lave le dos lave la bite lave les oreilles lave bien dans le cul tombe la crasse tombe avec la crasse je le dirai pas 2 fois


souffle souffle la morve passe le bac expulse expulse le souffle souffle la morve tombe tombe la neige mange ta merde je le dirais pas 2 fois brosse les dents passe la serpillère arrache le chicot mâche les mots mâche ta phrase mâche le discours pompe pompe le zob fais-le vivant fais-le vivant jusqu'au bout maintenant


prends les cachets pompe le zob découille découille ton jus découille ton jus de puceau mange le goûter tu m'écoutes? tu m'écoutes ce que je te dis fais moi le café mange va au canivo mange ta cague cague tes mots cague ta phrase cague le livre cague le que sais-je bouffe ta cague travaille


assigne va à l'assignation va à l'usine torche ta cousine fais l'ouvrier fais le maçon fais le plombier fais-le soudeur fais-le patron makake fais le makake va à l'animo parle parle l'animo parle en makake va au poulailler fais l'ouvrier machine machine-toi usine-toi licencie-toi vire-toi vire-moi ça vire-toi de là donne-toi le congé pédé pédé du vié passe le bac


mange le gouter ramasse les miettes ramène la monnaie distribue les prospectus casse-toi casse toi le cul ramasse fous le camp passe le bac va a la caf fous-moi le camp va à la caf fais le vivant fais le vivant fais le vivant jusqu'au bout maintenant


descend la poubelle prend la douche termine le yaourt fous va moi le camp salope passe-moi le sel va aux poules fous-moi le camp va a la caf estime-toi heureux salope estime-toi heureux prend-toi ça tiens prends toi ça petit con va aux poules casse-toi de là casse-toi un œuf

masse toi le zob découille aux chiottes bouche pas les chiottes masse le totem monte la mayonnaise va à la gare va chercher didier à la gare travaille parle pas on parle pas comme ça va à la crèche va chercher rené à la crèche amène sylvie à l'orthopédiste c'est quoi ça c'est quoi toi ça c'est qui quia mis ça là va au canivo va va voir ta mère amène la salade à ta mère va aux poules va à la vigne va caguer à la vigne


va à la poste descend a la cave bouche bouche a cubi va à la caf passe le bac lave le cul prend les cachets mange


mange toi ça pédé tié fais moi un beau dessin tié fais-moi un câlin oh et puis merde fais le malin ramasse tu vas ramasser mange les miettes va au dentiste distribue les prospectus passe le bac va aux poules oh et puis merde




(calleja-maternati 2004)

criture





la criture est une violence. la criture est directe. la criture est une gerbe. une gerbe est un jet direct. la criture est un jet de matière. la matière est évidente. la matière est simple. la criture est un jet de simplicité. la criture est violente. elle envoie un jet de matière simple. la criture est violente. la violence est belle. la beauté est simple.



je vois des textes dans ma tête, je vois d'la criture de textes dans ma tête, je vois dans ma tête la possibilité infini d'la criture, je vois un défilement, je veux tout lâcher pour criturer les visions d'ma tête, je veux du temps pour pouvoir disparaître dans ce que je vois, je veux du temps pour disparaître dans ma tête afin qu'elle puisse disparaître dans la criture, je ne veux voir que d'la criture de tête, je ne veux dire que ce que je vois, je ne veux parler qu'avec l'œil de ma tête, je me prends les pieds dans le nerf optique enroulé dans ma tête, je fais du lassos dans me tête, j'attrape les mots avec les choses de ma tête, j'ai des choses dans la tête qui font un texte de criture, je n'ai rien à faire, je n'ai pas à parler, je n'ai qu'à voir ce qui se fait dedans, et dire oui d'un hochement de la tête,



ma tête est remplie de fougères et de petites bêtes et d'eau ma tête est remplie de milliers de gouttes d'eau de rosée de vapeur de mousse de petites bêtes scarabée et de grosses bêtes jaguar ma tête est remplie d'une jungle dans laquelle je me déplace de liane en liane au milieu des oiseaux colorés des colibris et des petites bêtes moustique et des petites bêtes ouistiti et des petites bêtes toutes petites toutes microbiennes qu'on connaît même pas le nom ma tête est remplie de petites choses animales qui n'ont pas encore de nom et qui rampent sous la terre et qui dorment sur la mousse et qui observent la jungle obscure de ma tête accroché à une liane qui pend au beau milieu de ma tête



la criture c'est facile, c'est une respiration, c'est une respiration facile, c'est un gonflement d'air au dedans, c'est que ya de l'air qui rentre dedans, et ça ouvre, voilà c'est ça, c'est un accueil d'air au dedans, qui ouvre, c'est un espace qui se creuse d'air, l'air vient, il y a une aspiration qui fait venir l'air, on aspire par le nez, et par la bouche, la bouche appelle l'air, mais ne parle pas, la bouche ne parle pas, criturer n'est pas parler, la bouche appelle juste en aspirant, en appelant dedans une masse d'air, c'est facile, il y a un accueil, la circulation est accueillie, sans les mots, sans la pensée, sans les mots pour la pensée, il y a une circulation silencieuse d'air, puis un stockage silencieux d'air dans les poumons, il y a appel d'air, il y a une belle circulation d'air au dedans, avec laquelle on pourrait sortir de belles paroles, de belles et de longues paroles, mais on le fait pas, on parle pas, on préfère faire circuler l'air, sans mots dedans, plutôt que faire un discours, on préfère, à la place, on préfère la circularité du souffle sans mots, on préfère la facilité de la circulation, sans la parole, sans le discours, on préfère respirer plutôt que parler, on envoie une circulation de souffle qui ne parle pas, par exemple maintenant je ne parle pas, je souffle, les mots sont dans le souffle, mais c'est pas moi qui les ai mis, je souffle avec des mots dedans, mais ils ne disent rien, puisque je ne parle pas, c'est pas moi qui ai mis les mots dans le souffle, moi j'ai mis mon corps dans le souffle, j'ai posé mon corps dans l'immense circulation de souffle, et les mots viennent dedans, i s'incrustent, alors c'est eux qui parlent, c'est eux qui ont quelque chose à dire, visiblement, mais moi rien, je souffle, je suis souffleur, les mots dans le souffle me font parleur, mais je les repousse, sans cesse, avec de l'air, je dépoumone mon souffle pour repousser la parole, 



le sexe est une pureté. je vais à la pureté. la pureté est simple. au plus je me simplifie au plus pur je suis. la pureté c'est le sexe. je fais le sexe. le sexe est un mélange. le mélange est pur. je parle touseul. je me mélange. la parole est une chose sexuelle. en parlant touseul je vais au sexe. parler c'est appeler le sexe. c'est pourquoi parler c'est chercher la nudité. et on ne la trouve jamais. parce que parler c'est compliqué. seul le sexe est une simplicité. en parlant je cherche la simplicité du sexe. et il n'y a pas encore assez de sexe dans ma pensée. alors je recommence. alors je cherche. alors je parle. je parle sans savoir. je vais au sexe. je vais à l'intensité de la sexualité. je vais au simple. il y a dans le simple une intensité qui me fait parler plus fluide. il y a dans le simple une intensité qui me fait penser plus vite. je vais au simple. je vais parler. je parle de l'intensité du simple. je veux me simplifier par le travail du sexe. je parle touseul. je fais la criture. je fais la criture qui parle toute seule. je confonds ma parole avec la solitude. je confonds ma parole avec la nudité. ma nudité est une simplicité qui ne sait rien. parce que je ne crois pas à la mélasse de la parole. et pourtant je parle. mais je parle pas pour parler. je parle de ce qui ne parle pas. je parle de la simplicité du sexe. je parle pas pour savoir. je parle pas pour parler. je parle pour faire naître la sexualité. pour qu'apparaisse le simple de la sexualité. pour qu'apparaisse la simple intensité du sexe. j'ignore la parole. j'ignore l'autre. je m'ignore. je suis simple. je me travaille. je ne sais rien. mon désir a quitté le savoir. et c'est la simplicité et la nudité qui m'enseignent maintenant où aller : aller au sexe. aller à la parole. aller au simple qui me travaille. aller au simple qui me traverse lorsque je parle.



- ici on fait la vie - on n'explique pas - on peut pas expliquer là où on est - ici on a pas le matériau qui expliquerait - on a pas la parole avec laquelle on pourrait expliquer le matériau quioré compris ce quia à comprendre - ici on comprend pas - on fait la vie sans comprendre - on fait la parole sans comprendre - on fait la criture sans comprendre - on fait le sexe sans comprendre - on fait la politique sans comprendre - on tisse les liens sans comprendre - on se lie avec ceux qui vivent sans comprendre - on lâche la volonté d'englober - on désire sans comprendre - on jete les vieux sacs - on coupe les vieilles lignes - et on s'présente tout nu - sans comprendre - on s'présente de face - bouch' ouverte - sans comprendre - et on a le zob qui monte - et on comprend pas pourquoi - et on fait la criture à l'oral - juste comme ça - pour personne - sans comprendre -  



je me dédouble, je parle à ma bouche, tu es pleine de parole, tu es une outr'a son, une outr'a sens, je dis à ma bouche, je marche dans le sens, je roule dans les sons, les sons ne me rouleront pas dans la farine, je connais les sons, je connais l'effet, je sais ce que ça donne la production de son, je connais la parole, je sais que la parole est des sons, je sais que les sons sont très importants pour parler, je sais que la criture a à voir de près avec le parler, je sais des choses que j'ai appris, on ne m'a rien appris que je n'ai moi-même appris, il suffit de vivre pour apprendre, les livres ne servent pas, ou si peu, j'attends toujours le livre qui m'apprendrait à vivre, je ne suis pas couillon, je sais qu'on peut vivre sans savoir, je ne sais pas où est la librairie, je sais qu'on peut vivre perdu, qu'on peut vivre de se perdre, je sais qu'on peut vivre sans savoir vivre, sans mélanger l'être et le savoir, le savoir n'est pas dans la vérité, l'être est dans la vérité, je le sais, tant que je suis je le sais, quand je ne serais plus, si un jour j'arrive jusque là, quand je ne serais plus je refilerais l'être à un autre, et il se débrouillera avec ça, il se débrouillera avec le non-savoir, avec la vie non-sue, on ne peut savoir la vie puisqu'on y est, on peut pas se soulever pour voir sous nos pieds sur quoi on tient, le savoir n'a jamais tenu à la vie, je sais ce que je dis,



je suis en train de vivre, je suis en train de me parler pour mettre au points deux trois trucs sur les i, quand on écrit les i on ne mets pas de s à i, bien que ce soit du pluriel, je suis en train de me singulariser, je ne parle jamais de moi au pluriel, parce que je n'en suis pas encore là, j'en suis encore au singulier, à chaque fois qu'on dit je c'est toujours singulier, pour plusieurs je, on ne mets pas de s à je non plus, bien qu'il s'agisse du pluriel, je suis en train de me peupler de manière singulière, je suis en train de me parler, je suis en train de vivre de manière différente, vivre c'est toujours différent, et jamais on ne le sait, on croit que la vie est une, est dans le singulier, mais on n'y est pas, elle est toujours différente, je suis en train de différer, je suis dans le temps, je me rend compte de choses, je lis des livres, mais ça n'avance à rien, j'avance sans livres, les mains vides, je préfère me toucher le sexe que de tenir un livre, le jour où un livre m'apprendra à vivre j'arrêterais de me branler, mais pour le moment je découille mon ignorance, et c'est très bon, au plus j'ignore au plus je touche, je te touche, je mets des choses sexuelles dans ta bouche, je suis en train de me dédoubler, je mets des mots dans ta bouche, je te parle, je te remplis, tu es une outr'à son, une outr'a sens, tu ne sais sais pas dans quel sens ça va, tu te touches toi aussi car tu es dans l'ignorance, je suis en train de me dédoubler, tu ignores le sens de la parole, tu es dans la beauté du sexe, tu parles sans savoir, mais tu sais faire le sexe, et recevoir, je suis en train de te vivre, tu es en train de me faire du sexe, je reçois la sensation, la sensation n'est pas le savoir, je ne vis que de sensation, et jamais de savoir, un peu d'eau aussi i faut, et des protéines, et du tabac quand même, mais le savoir c'est pas la peine, je suis en train d'avancer deux trois points sur les i qui vont m'aider à être, ça je le sens, je sens que je vais être, bien bien, sans être un spécialiste, mais être, sans savoir être, juste sentir que je suis, et que je parle, et sentir que j'avance, et sentir que je touche a deux trois points sur les i qui confirment ma sensation, je sens que c'est là, que c'est bon, je sais ce que je sens, bientôt je serais un grand corps de sensation, et je sentirais tout touletan, je sentirais tout exactement, et tout me viendra, et je le sentirais, et je n'aurais plus besoin de parler, si on en était là, à tout sentir sans parler, ce serait bien, si on en était là, à tout tourner, à tout fair'être dedans sans parler, sans besoin de parler, ce serait bien, si on était là à tout sentir sans besoin d'le dire, sans besoin de souffler à l'autre la parole qui nous tourne dedans, si on n'était là que sensation, et pas parole, ce serait bien, mais non, le parler est là, et il nous serre de près, parler excède sur sentir, le langage c'est la perception qui râte, parler court derrière l'expérience muette, toi, tu voudrais ne pas parler, tu voudrais vivre dans le muet, mais la parole vient en excès, elle couvre le sentir, on ne maitrise pas le parler, le parler vient quand ça lui plait, et le sentir est recouvert, est perdu, est foutu, le corps est bourré de parler, on ne maitrise pas la jaculance du parler, on ne tient pas droit dans le sentir, la parole nous vole le corps et on ne sent plus rien, on tombe foutu, je ne suis pas debout, le seul qui tombe est celui qui parle, je tombe, je suis en train de parler, je plante un clou dans le mur pour m'y accrocher mais ça tient pas, je suis en train d'exister, on peut exister en tombant, je ne pense à rien, j'attends un phrase, pour qu'une phrase vienne faut penser à rien, pour qu'une chose vienne faut être rien, j'attends ma phrase comme j'attends d'être, l'être vient au vide, et la chaleur vient à ma tête, et la parole s'évapore à la chaleur de ma tête, alors j'attends le froid, j'attends de reparler, je sens, je suis en train de sentir, la chaleur de ton sexe, tu poses ton sexe sur ma langue, tu épluches ton sexe dans ma tête, je reçois tes copeaux, je te contiens, tes copeaux fondent dans ma tête, tu te dissouds, je sens ta disparition en moi, tu as disparu dans ma tête vide, tu es venu au vide pour te voir'être, mais ça n'a pas tenu, tu souhaitais venir au parlant, mais tu m'es tombé dedans, dans mon vide, où je parle pour toi, je criture pour toi,



je suis en train de vivre. je vis pour toi. tu es la criture. je suis en train de vivre. une écriture non-psychologique. un corps non-biographique. une langue non-programmée. quelque chose d'une non-relation. une parole non-adressée. une parole directe mais non-adressée. un geste qui se fait. un geste qui nie son sens. un geste pas là pour dire. une écriture qui dessine. un dessin ça veut rien dire. je suis en train de vivre. un dessin tracé dans l'air. une parole qui dit ce qu'elle fait. je suis en train de vivre, dit la parole. je suis en train d'entendre la parole, dit celui qui écrit. on entend le son de la criture. on entend le son de la défécation, de la défécation du sens dans la criture. la criture est un reste. elle reçoit la merde du sens. la criture dit au sens de le faire. la criture dit au sens : fais-le si t'as pas peur et si t'as peur fais-le sans y penser. le sens ne réponds pas. le sens est muet. le sens ne fait rien. l'est catatonique le sens. la criture est dynamique. la criture est active. la criture est la réponse au mutisme du sens. le sens n'est jamais revenu d'entre les morts. la criture fraye son chemin parmi les vivants. elle puise sa force d'elle-même. la criture trace un profond sillon chez le couillon. le sens est couillon. la criture écarte le couillon avec du son. avec un grand chaos boucan, la criture place sa trace, en aveugle, elle avance, elle n'avance pas de dire, elle avance de faire, à l'oreille, fait sa trace, produit son histoire, elle se fait dans l'avancée, et le mouvement de l'avancée la fait dire. la criture dit qu'elle avance. elle le dit à la parole. elle s'avance dans la ligne de parole. parler c'est déraper tout droit. la criture ne dérape pas. elle ne frêne pas. la criture ne connait pas les raccourcis. elle est elle-même un raccourci. la criture est le raccourci de la parole. elle débouche directement sur la vie. elle donne directement sur le gadin d'la vie, sans raccourci. ne s'attarde pas au détours. traverse le froid. traverse la nécrose. débouche la névrose. la criture est en train de vivre. le criture est directe. la direction de criture est simple. tout droit. je suis projeté dans la criture qui dit : je suis en train de vivre. je suis un jet simple. suis jeté dans la simplicité. je peux tout dire. rien ne m'empêche. je peux tout criturer. ma criture est réelle. donne directement sur le réel. rien ne l'empêche. le réel n'est pas vraie. le réel a des problèmes familiaux. le réel a un crédit sur le dos. le réel est un peu couillon. le réel ne connait pas le son. ma criture crispe le réel. lui donne du sérieux. elle le rend crédible. elle le rend vivable. ma criture est plus réelle que le réel. le réel ne peut pas tout faire. le réel ne peut pas tout dire. il est coincé. la criture est là pour arranger le réel et le simplifier. l'intensifier. au plus vrai. au plus nerveux.



sans la criture le réel est mou du cul. est trop bourgeois. est trop sur soi. est à l'arrêt. la criture est le mouvement pur elle n'a pas d'arrêt pour se reposer. la criture emporte avec elle des bouts de réel. le réel sera refait avec des bouts de réel criturés. des bouts que l'on greffera une fois que la criture sera passée par là. passez le réel à la criture il en sortira du réel vrai. toujours le vrai attend la criture pour parler. c'est la criture qui fait la parole. je suis en train de vivre. la criture est pleine. la criture édite du présent. je n'attends rien. la criture est ce qui nie d'attendre. la criture nie l'attente. la criture est ce point présent. est la condensation au point de présent. le présent me consume dans la criture. je suis l'interface entre le présent et la criture. je n'ai pas à être ailleurs que là. je suis collé entre présent et criture. je tiens là. je suis en train de vivre. criture me parle. criture me fait faire la criture. criture m'utilise. m'utilise pour se fair'être. je fais criture. criture me trace des sillons sur la peau. criture me trace des profonds sillons au cervelet. criture me traverse. la traversée marque. criture m'utilise. utilise ma bave pour tracer. criture verse ma bave. criture trace verse et traverse. criture traverse ce qu'elle dit. criture me boucle le clapet. je suis là dans criture. agi parlé par criture. je reste là dans criture. criture me touille la moelle. criture me touille la moelle en mayonnaise. je suis en train de tourner. je tourn'autour du sens. et criture me tourne autour. c'est elle qui donne le mouvement. elle me donne le mouvement de vivre. et le mouvement de dire. je suis en train de dire que je suis en train de vivre. je ne fais pas semblant de vivre. je suis là et je vis et c'est tout. on peut pas faire semblant de vivre. je vis dans la parole et c'est tout. je vis à côté du sens et c'est tout. je suis né pour la parole. je ne suis pas né pour dire. mais je suis né pour la parole. je revendique la parole. je tiens la parole au dessus des têtes à bout de bras. la parole dépasse l'homme. l'homme n'a rien à dire. il doit vivre et puis c'est tout. l'homme peut choisir de vivre dans la parole mais il n'a pas à la faire dire. l'homme doit fair'être la parole sans la presser à dire. et c'est tout. la parole n'a rien à dire c'est ça que l'homme doit se graver dans le crâne. on est là pour être. pour ne pas faire semblant d'être. et souvent pour être. pour êtr'en vrai dans la vie travaillée. i faut fermer sa gueule. et se sentir être sans rien. sans rien à communiquer. on peut être sans dire. oui oui oui. on peut être dans la parole sans la dire. on n'a pas à faire semblant. on n'est pas les mariolles du sens. on est à côté. faudrait s'le grâver au crâne. en croyant être dans le sens on ressasse beaucoup de conneries. on dit souvent des choses fausses. on dit souvent beaucoup de conneries qui sont des faussetées. une connerie est une chose affirmée non observée. est une chose affirmée non éprouvée. une connerie est une chose non ressentie. est une chose non vécue de vraie cruauté de vie. on ne peut sentir sans que l'objet sensationne fort en soi. on ne peut sentir sans que le senti tourbillonne fort dedans. et desosse un bout de soi qui nous faisait tenir droit. on ne peut sentir une chose vraie sans tomber quelque part en soi. soi est l'endroit où on a rien a se racrocher. on ne se rattrappe pas à son bras. on dit souvent des choses non senties. la bouche souffle des mots sans jamais les tourner. sans jamais les peser. sans jamais les sentir. souvent la bouche n'éprouve pas son parler. ne souffre pas sa pensée. souvent la bouche sort un amas de conneries non senties. pour sentir il faut tomber. ouvrir les sens est une chute. souvent la bouche hésite. mais tomber est une chance. tomber dans sa bouche est un savoir. tomber en soi donne un savoir vécu de vraie cruauté de vie. je peux apprendre à savoir. si je tombe. en moi. je me désosse. je suis plus léger. je suis prêt. la cruauté est un savoir supérieur au savoir. je suis innocent je fais la criture dans l'innocence. parce que je suis à côté du sens. la cruauté c'est savoir qu'on est à côté. et qu'on parle à côté. la cruauté c'est de savoir qu'on est plus proche de l'animo que de l'humain en mots.



je fais la criture, dans l'innocence, j'écris comme ça sort, comm'un chien sorti sans laisse, j'écris comm'un animo perdu qui court derrière ce qu'il vient de dire, sans comprendre, sans avoir compris ce quié sorti de lui, j'écris en animo, en mouvement saccadé, en instinct quadrupède, j'écris comment dire, comment dire, je suis en train de vivre, les animos sont en train de vivre, comment dire, comment faire dire à la parole, comment faire écrire la parole, on ne dresse pas la parole, la parole écrit comm'elle sort, en sortant d'une bouche la parole écrit dans l'air, et l'air ne garde pas les traces, c'est pourquoi le souffle revient, le souffle veut sculpter la criture dans l'air, veut graver la parole en criture marbrée, c'est pourquoi toujours le souffle revient, toujours le souffle repulse la parole, la pulse du souffle travail fort sous la criture, le souffle remonte à la surface de la criture, entre chaque mots de la phrase il y un bloc de souffle, qui espace, qui prend place, qui pulse un trou d'air, le souffle vient comm'il sort, plus il rentre plus ça sort, j'écris comme ça vient, je souffle en râle animo, l'animo est en train de vivre, l'animo criture sa marche, maintenant, l'animo est un tracé solitaire, l'animo suit la parole à la trace, elle laisse des traces de souffle que suit l'animo, d'instinct, la criture est une chose animale, la criture est un parler solitaire, est un parler seul dans la multitude des sexes, personne est touseul, dans la multitude des choses sexuelles toujours il y a d'la criture, des postures, des envies, des élans de sexe, le peuplement gagne, peuple la langue qui criture, le peuplement est une habitation sexuelle, toumonde est là, criturer est parler, parler est sexuel, parler est une dillatation du cervelet, est une dillatation d'la surface cervicale, est une dillatation de la plèvre, et de la peau, parler est une dillatation des pores, est une dillatation des trous, un animo m'avance au trou, j'ai un animo dans le cul, toumonde parle de ça, du cul, de l'obsession, l’obsession du cul, du corps, l’obsession du corps, l’obsession que le corps ait son cul, que le corps pense à son cul, l’obsession du corps de l’animal, l’obsession de l’animalité du corps, l’obsession de la pensée, que la pensée soit corps, que la pensée soit la mobilité du corps, j’ai l’obsession de ça, l’obsession d’une pensée agissante, l’obsession d’une pensée violente, d’une pure pensée de corps animal, l’obsession de ça, de l’énergie, l’obsession de la pure pensée énergique, la recherche de ça, l’obsession de la recherche de ça, la violente obsession de la pure pensée dans son corps, l’obsession de violenter son corps d’une constante pensée animale, l’obsession de rechercher dans la parole la pure posture animale, l’obsession de la pure force, l’obsession de l’associale énergie d’la force, l’obsession du parler, du parler d’force, l’obsession du corps dans la parole, l’obsession d’l’énergie d’corps dans la parole, l’obsession de la présence du corps dans la poussée d’parole, l’obsession du sexe comme énergie d’la parole, comme pensée d’la parole, du sexe comme débordement, comme contagion dans l'corps parlant, comme impersonnelle obsession, l’obsession du sexe comme l’impersonnel de la force, comme pure force impersonnelle dans la pensée même, l’obsession du corps en recherche, l’obsession de l’autre, l’obsession du corps en recherche de son autre, l’obsession de parler, de penser son aventure en parlant de l’animal, l’obsession de l’animal, l’animale obsession de l’animal, de l'animal comme pur corps de force, sans conscience, l'animal comme centre vrai, l'animal comme centrifugeuse des forces, comme point vide de la vérité, le vide, l’obsession du vide, du vide comme centre vrai, comme vérité habitable, l’obsession d’habiter, d’habiter dans la parole, et de débiter des bouts d'vide, et d'les débiter en force, l’obsession d’être le vide de la parole, le vide qui jète la parole dans le corps de l'animal, l’obsession de ça, l’obsession d’être ça, d'être un corps d'animal, l'obsession d'être là, et d’aimer ça,



c’est de la fête c’est des corps qui se sont réunis pour faire de la fête et c'est des gens c’est des gens qui ont des corps qui se réunissent pour une chose précise qui est une chose ouverte imprévisible et ouverte et qui est une fête c’est des gens qui ont un corps qui se touchent un corps qui se parlent rigolent se malaxent se rentrent dedans parler rentrer rigoler sont des verbes de la fête danser boire fumer sont des verbes de la fête il y a une chose précise et indécise qui est une fête et ya des corps dedans la fête qui font ce pour quoi ils sont réunis ya des corps qui fêtent une réunion de corps ya une réunion qui se fête en faisant de la fête ya une fête qui se fait en parlant qui se fait en dansant en buvant en touchant en malaxant en regardant en se rentrant dedans ya une fête dont l'objet est que se fasse une fête afin qu’ait lieu la chose dont je parle ici et qui est une fête



je pense à ta bouche. ta bouche m'est une exitation. je pense aux aliments qui rentrent dans ta bouche. je pense à la salive de ta bouche. je pense à tes paroles. je pense à ce qui sort de ta bouche. je pense à ce qui vient de ta tête et qui sort de ta bouche. je pense aux pensées de ta tête qui ne sortent pas de ta bouche. je pense à ce qui reste dans ta bouche sans sortir. je pense à ton ventre qui reçoit ce qui est descendu de ta bouche. je pense aux matières qui ne sortent pas de ta bouche. je pense à ce que me fait ta bouche. je pense au souffle qui circule en boucle de ton nez à ta bouche. je pense au petit tunnel intérieur qui relie ton nez à ta bouche. je pense que ta bouche est comme la mienne. je pense qu’on doit avoir le même goût dans la bouche. je pense qu’on dit les mêmes choses parfois. je pense qu’on oriente nos bouches vers les mêmes personnes parfois. je pense que nos bouches ne se sont jamais touchées. je pense que nos bouches ne se sont parlées que deux fois. je pense que ça a duré 20 secondes la première fois parlée. et que le deuxième fois ça a duré à peine plus. chez ilya quand j’avais plus de cigarettes et que toi encore t’en avais 3 encore. je pense aux cigarettes qui touchent les lèvres de ta bouche. je pense aux fils de tabac qui reste sur les lèvres de ta bouche. je pense à tous les objets qui touchent tes lèvres. les verres. les stylos. les serviettes en papier. les lèvres des autres. qui ne sont pas des objets. les joues des autres. qui ne sont pas des objets. je pense que ta bouche parle plus de langue que la mienne. je pense que ta bouche est plus large que la mienne. je pense que parfois ta bouche dit les mêmes pensées que la mienne.



la criture est une lecture, on regarde dedans pour criturer, le dedans est une surface, une surface sans fin, qu'on parcourt toujours, que le regard n'épuise jamais, le regard est de la criture, je fais la criture du texte, je lis le texte à la surface, je lis sur le visage des gens je lis le texte sur le visage des gens et sur les lignes de la peau et sur le grain de la peau et sur les yeux la surface des yeux et sur les petites choses du visage les imperfections du visage et sur les vêtements à la surface du tissu et sur les sacs des courses ou même de loin à 10 mètres je lis sur le visage des gens dans le flou lointain du visage des gens je lis à la surface je ne lis pas dans la tête mais sur le visage des gens ou sur leur main ou sous leur pied ou autour de leur sexe je lis autour du sexe aussi ou sur les replis derrière les genoux ou entre les fesses j’écarte la chair je rase les poils pour lire le texte du corps des gens voilà ou même d’encore plus loin par exemple je vois une masse de gens très loin 100 mètres et je lis au loin le flou massé du corps des gens je lis la surface du flou parce que je fais la criture alors j’ai besoin beaucoup de lire pour faire la criture j’ai besoin des gens beaucoup et de leur corps beaucoup besoin de leur corps pour lire la parole que je criture après dans mon cahier comme maintenant je le fais



je veux vivre. je veux aller faire les courses parce que arno ne peut pas y aller alors moi je veux y aller à sa place. je veux vivre. je veux faire l’amour. avec des gens qui sont beaux et qui parlent bien. je veux aimer des gens qui parlent bien qui parlent vrai qui parlent de choses profondes. je veux l’amour avec le corps. et embrasser avec la langue. je veux travailler ma vie. je veux la parole des gens qui travaillent leur vie. je veux l’amour des gens qui se travaillent par la parole. qui se sentent vivre en parlant. et qui se sentent vivre en faisant l’amour. avec moi. je veux vivre aussi avec moi. je veux me toucher. me donner de l’amour. je veux avoir de belles paroles pour moi. je veux faire des courses pour moi. me nourrir correctement. et faire l’amour doux et énergique avec des gens beaux et bien nourris. je veux qu’ils y ai du relief et des muscles sur nos corps amoureux. je veux qu'arno arrête d’être malade. je ne veux pas faire l’amour avec arno bien qu’il parle très correctement. il est tout maigre arno. il a un corps à l’abandon. j’irais aussi faire des courses pour arno et lui parler et l’écouter mais c’est tout. j’irais pas le voir pour faire l’amour. j’irais voir tous les autres qui sont beaux qui sont en eux qui ne m’attendent pas. quand ils me veront arriver ils seront surpris. ils tomberont amoureux. ils ne m’attendait pas mais ils tomberont amoureux quand même. ils tomberont sur quelqu’un qui vit en lui et qui a besoin d’eux pour se travailler par la parole. et qui a besoin d’eux pour se travailler par le sexe. ils ont un sexe dont j’ai besoin. je vis avec moi. je viens les voir. je leur amène le moi. le moi qui se travaille. je leur amène aussi mes paroles. pour qu’ils sachent ce que je pense. et surtout comment je le dis. je veux qu’ils sachent comment je parle. je leur amène mon style. je leur amène mon travail. et je veux voir le leur. et y participer. que leur travail se mélange au mien. qu’on fasse communauté. communauté de recherche. qu’on se donne des solutions. et de nouveaux problèmes. et que chacun repartent de son côté. avec de beaux trous dans la tête. de beaux trous à creuser d’avantage. pour que chacun fore en lui. et tombe sur soi. et tombe amoureux de soi. et se parle. et se touche. et s’aime. et s’achète du bon manger. je suis en vie. je suis en train de me le dire. je me fais la parole. pour passer le temps. la parole me donne une vie. la parole me dit que je peux y aller. je peux sauter dans la vie. c’est bon j’ai la vie. tu as la vie, me dit la parole. j’ai une érection. j’ai un zob vivant. j’ai une maison. j’ai une maison vide. j’ai une fenêtre à ma maison. je peux sauter dans le vide par ma fenêtre. j’ai un corps. une motricité d’corps. j’ai des amis. j’ai des amants. un ami collant est un amant. une amie collante est un amante. je peux me dépétrer de mes amis. je peux casser avec mes amantes. je peux me retrouver seul. sauter en moi. dans mon vide en moi. j’ai deux fenêtres sur le visage. je peux rentrer en moi. et ne plus rien voir au dehors. et ne plus rien dire à personne. je peux faire la criture pour moi touseul dans ma tête sans les mains. je peux me faire l’amour a moi-même avec la main. je peux me faire montrer le zob avec la main. ou sans rien faire just’en pensée avec la tête. personne ne peut voir les images que j’ai dans la tête. toumonde peut entendre les mots que j’ai dans la tête. puisque je parle. je suis parlé par un terrain vague. j’habite qui parle. je fais de la confiture de mots directement dans ma bouche. je pompe du lait caillé directement dans mon vié. la salive est le lait de la pensée. la salive est transparente. c'est pour qu’on puisse voir au travers. pour qu’on voit ce qu’on vient de dire. la pensée passe de l’autre côté de la vue. et souvent nos pensées nous débordent. et on les perds de vue. et pour rattraper une pensée perdue il faut un appât. on piège les pensées en posant devant soi un appât. de la confiture est un appât à pensées. une petite giclée de confiture posée devant soi attire les pensées. c’est pourquoi parlant je fais de la confiture de mots directement dans ma bouche. c’est pour que les pensées me viennent. viennent dans ma cavité. viennent résonner dans mon gosier. qu’elles pensent un peu à ce que je dis les pensées. je pose les courses. et je vais dans ma chambre. et j'ouvre mon cahier. et je pose ma confiture dans le cahier. je suis dans la chambre. je criture. je parle au cahier sur les genoux.



quand je parle seul je le fais à l’écrit, quand je parle seul c’est l’écrit qui me parle, mais c’est pas uniquement ce que je dis, qui me parle, mais c’est ce que je vois aussi, c’est ce que j’entends aussi, et pas uniquement ce que j’écris, mais c’est ce que je mange aussi, c’est mon besoin, c’est le tiraillement de mon besoin qui me parle, c’est l’air que je respire, quand je respire, qui me parle, c’est l’argent que je dépense, c’est le temps que je perds à gagner l’argent de ma vie dépensée, c’est pas uniquement ce que je dis en criture ou en bouche de vent, qui me parle, mais c’est ceux qui vivent sans dire, c’est tout ceux qui sont là dans la vie non écrite, non parlée, c’est pas que la criture qui me parle, mais c’est aussi ma triture dans la non-criture, c’est ma tension rentrée dans mon teston, dans mon vié non travaillé, dans mon zob non-découillé, c’est ça qui me parle, qui me fait voir ce qui parle, c’est cette faiblesse de recevoir la force qui me fait voir tout ce qui parle, c’est cette faiblesse, c’est cette tension, c’est de tomber, c’est de tomber dans ma bouch’à l’arrêt qui me fait entendre tout ce qui parle, c’est le bruit que fait poésie en tombant, qui m’aspire profond dans ce qui parle, me fait entendre tout ce qui parle, me fait participer au parler de tout, c’est cette tension tassée, ce parlêtre à l’arrêt, c’est un reste, une brèche d’ouverture qui me fait criturer, c’est écouter qui m’fait criturer, c’est écouter qui m'fait parler,



la criture est simple : elle se fait touteseule. ya pas d’intermédiaire. ya pas d’interlocuteur. ya pas d’auteur. ya pas d’interférence. parce que ya personne qui parle. ya la chose de criture et elle se fait toute seule : c‘est simple. ya une bouche qui criture c’est simple. ya de la bave qui coule de la bouche et on trempe son doigt dans la bave et on fait des sortes de dessins qui s’appelle de la criture et ça dit quelque chose simplement. donc ya la criture c’est simple. et ya la sexualité. ça c’est simple aussi : la sexualité c‘est ce qui pousse le corps à tracer de la criture. la sexualité c’est ce qui pousse le doigt à tracer dans la bave des choses qui disent des choses simplement. le tracé de criture c’est de la sexualité pure. c’est tout. c’est simple. donc ya le sexe et la criture c’est simple. ya le sexe qui ne se trace pas. et ya la criture elle elle se trace. c’est tout. et puis ya le corps : le corps c'est ce qui produit de la criture et du sexe. c’est tout. la criture c’est du dessin qui signifie automatiquement. c’est du dessin avec sens intégré la criture : c’est simple. et le sexe c’est de la danse. le sexe c’est de la danse intensive automatiquement. c’est de la danse avec intensité intégrée le sexe : c’est simple. c’est des gestes en soi la criture et le sexe. ça ne vaut rien d’autre que soi-même la criture et le sexe. ça ne touche l’autre que de l’intérieur la criture et le sexe. ça ne se vend pas la criture et le sexe. on peut pas faire d’images de la criture et du sexe. on peut pas faire les intelligents avec la criture et le sexe. ça veut rien dire la criture et le sexe. c’est un geste qui communique rien la criture et le sexe. on ne parle plus quand on fait la criture et le sexe. on est plus en soi quand on fait la criture et le sexe. on ne maîtrise rien. on ne s’habite pas. on est habité d'une intensité qu’on maîtrise pas. on est parlé d’une intensité qui ne signifie rien. et qu’on ne maîtrise pas. c’est simple. on est touseul et on parle. c’est simple. on est là et on fait rien parce que la chose se fait touteseule. la chose c’est le sexe et la criture : on la déjà dit mais c’est si simple de le répéter. le tracé de criture c’est de la sexualité pure. je me répète dans la simplicité. la criture c’est du dessin. le sexe c’est de la danse. je me répète dans la simplicité. c’est un geste qui ne communique rien. c’est un geste qui s’intensifie de ne rien dire. je me répète dans la simplicité. je parle pas. je maîtrise rien. je ne m’habite pas. je ne comprends pas ce que je dis. c’est simple je le comprends pas. je ne sais pas parler. je ne sais pas tracer la criture. je ne sais pas faire le sexe. je n’ai rien à faire avec le sexe. je n’ai rien à faire avec la criture. parce que ça se fait touseul. dans la simplicité. je n’ai rien à faire : c’est simple.



on trace son chemin, et le chemin c’est la parole, on marche en parlant, et on parle touseul, parce qu’on marche touseul, toumonde parle en son propre chemin, et la parole c’est le sexe, alors toumonde sexualise sa parole, et le sexe chemine dans l’énergie, alors on est poussé à l’énergie, par le sexe, sans rien maîtriser, toumonde s’énergise au sexe sans rien maîtriser, l’énergie on ne la possède pas, parce que le sexe on le maîtrise pas, l’énergie c’est la pensée non maîtrisée, personne maîtrise rien, la pensée c’est l’sexe parlant, le chemin c’est la parole énergifiée au sexe, toumonde enfoutre son propre chemin, toumonde enfoutre son chemin d'parole, parce que toumonde parle, toumonde pousse sa p’tite chanson, toumonde parle en libido majeur, toumonde ensemence sa parole, toumonde s’énergise en parlant, personne i maîtrise la parole, la parole parle pour sexualiser toumonde, toumonde parle dans la niaque de l’énergie, sans rien maîtriser, toumonde existe dans l’énergie, toumonde s’excite à la niaque d’énergie, toumonde jette sa parole, toumonde est un jet d'foutre, toumonde jette sa cyprine, toumonde baigne dans la niaque, toumonde fait le fou dans la niaque, toumonde fait la folle dans son bain, on baigne à la niaque, l’énergie nous fait penser, toumonde énergise sa parole en plongeant au sexe, toumonde il a du sexe derrière les yeux, on baigne dans sa propre tête, on macère, toumonde macère dans la matière d’énergie, toumonde macère dans l’énergie sexuelle, toumonde est vivant dedans, dedans le sexe, être vivant c’est s’identifier à l’énergie, et au sexe, on est pris au mouvement d’énergie, dedans, on est vivant, on aime l’énergie, être vivant c’est être dans l’intensité d’l’énergie, être vivant c’est s’faire aimer du sexe d'l'énergie, on se sépare de soi quand notre être passe à l’énergie, passe au sexe énergiaque, on ne peut sexualiser qu’en vivant, on ne peut vivre qu’en parlant, on ne peut parler qu’à l’énergie, seule l’énergie nous fait vivant, un vivant c’est un mourant qui parle, on ne peut parler que face à la mort, ce qui nous fait parler c’est l’énergie d’la mort, la mort est une chose bonne, la mort c’est pas la fin, c’est le début, c’est le déboulé de soi en poussé, on est poussé à vivre par la mort, par la libido d’la mort, qui pousse, sans cesse on s’fait pousser, on vit d’se faire pousser, tout est commencement, le commencement c’est la poussée qui arrache de soi le vivant, on n'est vivant qu’arraché d’soi, on est poussé par l’énergie du commencement, la vie c’est d’la parole commencée, ya pas d’fin, on est pris dans l’sans fin d’la matière parlée, la vie est sans fin énergisée du parler qu’on fait, on est vivant, ya pas d’fin, on s’ra toujours là, on va encore continuer d’parler,



- les fesses de la fille à qui je parle - les fesses de la fille que j’ai appelé pour avoir un rendez-vous avec - les fesses de la fille que j’ai pris un rendez-vous avec pour aller prendre un café chez elle - les très très belles fesses de la fille qui a accepté que je vienne chez elle prendre un café avec elle - les fesses de la fille qui chez elle elle me fait du thé en fait -  la fille qui est assise posée sur ses très très belles fesses face à moi - la fille qui a des fesses dont elle est la propriétaire la chance qu’elle a - les fesses de la fille qui me parle avec sa bouche qui a les lèvres mouillées à cause du thé - les fesses de la fille très belle aux cheveux très noirs très beaux elle me fait du sourire - les fesses de la très belle fille aux très noirs cheveux elle me fait de la parole - la fille avec laquelle je bois du thé pendant que je pense à sa bouche que j’écoute - la fille avec laquelle je bois du thé pendant que je pense à ses cheveux que je vois - la fille avec laquelle je bois du thé pendant que je pense à ses fesses que je ne touche pas - ya beaucoup de mouvements dans ma tête en même temps pendant que je suis avec les fesses de la fille très très belle aux cheveux noirs - ya beaucoup de choses en mouvement entre elle et moi quand elle me parle faut que je réponde et que en même temps je regarde ses cheveux pour garder mon sourire sans oublier dans ma tête l’obsession des très très belles fesses qu’elle a sous elle - ça me fait bloquer - je parle au dessus de ma tasse et ça refroidit le thé - ya beaucoup d’obsessions en moi qui passent et qui tournent dans ma  bouche quand je parle elle voit passer ses fesses dans ma tête - 



il y a de la parole parce que j'ai envie de parler et la parole est gestuelle parce que j'ai envie de bouger il y a de la parole gestuelle il y a du sexe il y a du mouvement d'envie parce que j'ai envie de vivre il y a une danse de sexe quand on parle il y a une danse de sexe il y a de l'envie il y a de la pulsion d'envie il y a dans la parole l'envie de rentrer dedans de passer à autre chose et de disparaître et de passer à un autre dedans de malaxer il y a l'envie de malaxer son dedans comm'un sexe l'envie de malaxer son sexe dans l'autre il y a un sexe qui a envie de parler il y a l'envie de parler en malaxant son sexe en malaxant son être dans l'autre il y a l'envie de recevoir en échange il y a l'envie de recevoir l'autre dans ma parole il y a l'envie de recevoir la malaxe de l'autre en moi il y a l'envie de recevoir le sexe de l'autre en malaxe de parole en moi, tu me tournes dedans ton envie, il y a en toi l'envie de tourner ton envie en moi, il y a en toi l'envie de tourner en moi quand je parle, il y a en toi l'envie de te fondre à ma parole, de fondre ton sexe dans ma pensée, qu'ensemble ça fasse une purée d'envie, il y a en toi l'envie de passer à la purée, de perdre tous tes grumeaux, il y a en moi l'envie de filter toute ta matière, il y a l'envie de recevoir la malaxe de ton sexe dans ma tête, je sens en moi l'envie de parler plus fluide, je sens en toi l'envie de disparaitre dans ce que je dis, l'envie de me donner ton disparaitre, que je le fluidifie, il y a en moi l'envie d'être l'écho de l'autre, d'être l'écho de la pulsion de l'autre, il y a en toi l'envie d'être mon autre, tu me donnes l'envie, l'envie d'être en creux, d'être le creux où se malaxe ton être, où se malaxe ton sexe, où se malaxe ton envie de disparaitre, je sens en moi ta danse de disparition, je sens en moi qu'au plus je parle au plus tu danses, au plus je souffle au plus tu disparais, au moins tu es là au plus j'ai l'envie de parler de ce qu'il y a en moi quand tu y viens pour disparaître, il y a en moi quelqu'un qui parle pour te sentir disparaitre, il y a en moi quelqu'un qui dit ce que je dis pour sentir ton être, sentir ce qui est toi quand tu n'y es pas,



tu dis, il fait froid, le froid rentre dedans, le froid touche les os, le froid tourne dedans, le froid tourne autour dedans, le froid enrobe et se propage et gagne tout dedans, le froid vif froidit tout dedans, je dis, il fait chaud, le chaud touche, le chaud frôle la peau et dillate les pores, le chaud donne le mouvement d'ouverture, d'enlèvement, le chaud enlève le tissu, enlève un chapeau, enlève une écharpe, enlève un pantalon, tu dis, le froid défait le visage, le froid creuse, le froid enlève la peau des mains, le froid gerce, le froid fait des sillons, le froid creuse, fait des trous dans le visage, le froid veut rentrer, je dis, le chaud protège, le chaud enveloppe, le chaud dénude, le chaud donne l'envie, donne le mouvement d'envie, le chaud donne un baiser, donne un slip enlevé donne une caresse donne une confiance, tu dis, le froid immobilise, le froid isole dans l'immobilité, le froid gèle la parole, le froid méduse la pensée, le froid est une calamité, est un débile, le froid est morbide, le froid propage le débile dedans, le froid est un débile qui méduse dedans,  le dedans est un mort qui reçoit le froid, le froid donne la mort, je dis, le chaud envahit, le chaud gagne le chaud dénude le chaud se mêle, le chaud se malaxe, le chaud est l'autr'en malaxe, le chaud fait l'amour, le chaud rest'en mouvement dans l'amour, l'amour est chaud, dedans se propage le mouvement d'amour, le mort jouit, tu dis,



la criture est une coulure, la coulure coule, touletan, au plus ça coule au plus ça criture, la criture est une coulure de pensée, la pensée est une diarrhée, la diarrhée est un écoulement de fécal, le fécal est de la matière-pensée, le fécal est un corps liquide, le corps est une flaque, on a pas d'os pour tenir droit, c'est pourquoi le corps est une flaque, la structure manque, on a pas d'os pour tenir parce que les os ont étaient vendu pour bâtir des maisons, le corps est une flaque, on est qu'une flaque d'écoulement, on s'écoule pour gagner sa vie, c'est pourquoi le fécal est de l'argent, parce qu'on paye son loyer avec du fecal, du fécal liquide est de la diarrhée, on fait de la criture en traçant dans la diarrhée, on fait de la criture en plongeant son doigt dans la flaque, c'est pourquoi le corps est de la merde, et c'est pourquoi la criture est violente, la criture s'échange, l'échange est acheté, la criture est achetée avec l'argent de la pensée, car les riches chient toujours dur, c'est pourquoi les riches n'ont pas de flaque pour criturer, c'est pourquoi les riches ne peuvent criturer, aux riches il manque l'absence de structure pour penser, la pensée produit du fécal, on vend le fécal a des acheteurs de pensée, les acheteurs de pensée sont riches, parce que les gens sans pensée ont de l'argent, ils achètent du fécal pour penser, mais en fait ils ne font que repenser le digéré, parce que le fécal est de la nourriture digérée, qui coule touletan, la criture est l'argent du fécal, la pensée est l'argent de la kriture, la criture est une machine a fécal, qui produit touletan, car la pensée est la nourriture de l'argent, la pensée achète la kriture pour se nourrir, la pensée se nourrit de violence, car la criture est directe, la criture est une matière simple qui ne se dissout pas, qui ne se mélange pas, qu'on ne négocie pas, la criture est une matière simple qui ne se donne pas, mais qui se vend, sauf que, la kriture se rachète avec sa plus-value, c'est pourquoi la kriture est la nourriture de la pensée qui écrit, la pensée écrit sa propre criture, elle se trace dans le fécal, la kriture est une matière qui se donne à elle-même, qui se trace pour elle-même, avec son argent elle s'achète sa nourriture, et la nourriture de la kriture est la criture elle-même, la criture se mange, puis la criture se digère elle-même, c'est pourquoi le reste de la kriture est encore criturable, à savoir encore vendable, c'est pourquoi ce qui a déjà été crituré est de la charcuterie de fécalité, c'est pourquoi la criture est du fécal qui se vend à l'unité, le fécal est une chance pour la criture, le fécal est une matière sculptable, la sculpture est une chance pour la criture, on peut sculpter de l'argent dans du fécal, c'est pourquoi le fécal est une chance pour la criture des pauvres, aux pauvres il reste la possibilité de criturer son histoire dans sa merde, la merde est une matière disponible, elle circule touletan, aux pauvres il reste la possibilité de plonger son doigt dans la merde et de tracer sa propre criture, les pauvres peuvent tracer leur propre criture, les pauvres criturent leur propre pensée, le fécal des pauvres est propre, car de créer de sa criture rend propre, le doigt est plongé dans le fécal mais la pensée est sauvé, les pauvres sauvent la pensée, la pensée est une matière de pauvres, la pensée est une force, la force est criturée, la criture est l'incontrôle de la pensée, la criture se fait toute seule, elle s'enfante, la criture produit de la criture, la criture ne produit pas de déchet, la criture n'a pas de reste, la criture est pleine, la criture est l'affirmation du plein, la criture n'a rien à dire, le plein est déjà trop plein il n'a plus rien à dire, le plein est une action, le plein s'actionne dans la criture, en criturant on affirme pleinement l'action pure, la pureté est de ne rien dire, la criture a trop a faire pour avoir à dire, la pureté est de se souiller dans l'action, la pureté est de s'aliéner au plein de la criture, la criture c'est l'action, l'action trace des sillons dans la tête, la tête est pleine de criture, le plein est une bataille, au cœur de la bataille on n’a rien à dire, dans la tête on a tout a faire, la tête ne dit rien, la tête est un champs de bataille où il ne reste rien, le reste de la criture est encore de la criture, la criture se fait sans cesse toute seule, elle se transforme en elle-même, elle devient autre d'elle-même, elle s'étire, elle s'enfle, elle dégouline, elle se colle, elle se recolle, elle se rattrape de tous les côtés, elle ne part pas, elle se rattrape toujours, la criture se veut du bien, la criture se soigne elle-même, elle est une, la criture se repose dans la criture, la criture a besoin de sommeil, a besoin du sommeil de la criture pour continuer son travail de criture, la criture est un sommeil, je dors, j'ai rien à dire, je suis innocent, je fais la criture, je suis innocent de criturer, parce que la criture est innocente, la criture n'a rien à dire, la criture a trop de chose à faire pour avoir à dire, j'ai trop à faire avec la criture, c'est pour ça que j'ai rien à dire, j'ai à me libérer de moi par la criture, j'ai à recomposer un être en moi par la criture, un être d'innocence qui ne dit rien, la criture dépose en moi un bloc d'innocence avec lequel je compose des vides, des vides que je lancent au dehors pour transporter mon innocence, je n'ai pas de moi à transporter, j'ai un évidement de moi à consumer, à consumer par la criture, j'ai un évidement de moi à parler, je parle dans l'évidement qu'ouvre la criture, c'est pour ça que je ne parle jamais de rien, et que pour ne parler de rien on fait de la criture,


je fais de la confiture de mots directement dans ma bouche, je pompe du lait caillé directement dans mon vié, je pompe ma moelle pour la monter en mayonnaise, la mayonnaise est une drogue, la drogue est une énergie, la pensée est une force quand la force criture, penser est une transe, un pauvre est un shaman, la criture est l'incontrôle de la pensée, la criture se fait toute seule, elle s'enfante, criture ne produit pas de déchet, n'a pas de reste, criture est pleine, est l'affirmation du plein, criture n'a rien à dire, le plein est déjà trop plein il n'a plus rien à dire, le plein s'actionne dans la criture, en criturant on affirme pleinement l'action pure, l'action est de s'aliéner au plein de la criture, la criture c'est l'action, l'action c'est la pompe, l'énergie est totale, elle passe partout, elle gagne tout l'espace, elle s'imprègne dans les tissus, rien n'est épargné, tout est imprégné, l'énergie est une propension d'énergie, l'énergie est absolue, l'énergie est ce qui sauve, l'énergie ne mets pas à l'abri, mais elle sauve, l'énergie expose, et c'est exposé qu'on est sauvé, tout passe par l'énergie, l'énergie est le conduit absolu, l'organe de l'énergie est la tête, l'organe de l'énergie est le sexe, l'organe de l'énergie est la main, et la main plonge dans la bouche, elle va chercher l'énergie, la main fouille dans la bouche et elle resort une boule, et c'est une boule d'énergie, une boule d'énergie roule dans la tête, une boule d'énergie roule dans la bouche, une boule d'énergie roule dans ce que je dis, et l'énergie éjècte, la tête sort de la bouche, la main sort de la bouche, le sexe sort de la bouche, et tout ce qui sort de la bouche capte l'énergie, dehors il y a des milliers de petits capteurs d'énergie de tête, dehors il y a des milliers de petits capteurs d'énergie de sexe, dehors au bout des doigts dehors il y a des milliers de petits capteurs d'énergie de parole qui véhiculent ce que je dis dans les têtes, toutes les têtes sont au bout de mes doigts, et dehors au bout des doigts il y a des milliers de petits capteurs d'énergie de parole qui véhiculent ce que je dis dans le sexes, et mes doigts sont des petits sexe, sont des petits batons d'énergie, mes doigts sont des petits totems qui condensent toute la force de l'énergie, et qui véhiculent la force, c'est l'énergie qui relie la tête et le sexe, l'énergie est un piston qui propulse le sexe dans la tête, et l'énergie pistonne la tête vers le sexe, c'est un mouvement, le piston d'énergie masturbe l'être, le corps-d'être est en mouvement, est masturbé, est mouvementé, le parlêtre morfle l'énergie, le piston nous agit,



tu dis tous les textes sont vivants tu dis tous les textes sont un morceau arraché au vivant tu dis les textes sont des vols tu dis les textes doivent être volés à leur tour et retourner à la vie tu dis la vie doit retourner là d'où elle sort là d'où elle jailllit tu dis les critureurs de textes sont des voleurs tu dis les critureurs méritent la prison tu dis la criture vole et le vol est interdit tu dis la loi prévient tout mouvement de criture tu dis criturer n'est pas parler tu dis la parole elle ne vole rien tu dis la parole est la vie la parole est le mouvement même d'où sort la vie d'où elle jaillit tu dis mais la criture n'est pas la vie tu dis la criture n'est pas la vie dans la parole tu dis la criture est un mensonge de vie la criture vole la pensée tu dis vole le mouvement vole le vif à la vie la criture vole la force à la parole tu dis la criture vole la puissance au sexe la criture se croit sans dehors tu dis mais la criture arrache dehors les morceaux tu dis tous les textes de criture sont un morceau arraché au vivant tu dis les textes doivent être volé à leur tour tu dis faut arrêter de criturer



je dis oui, sans réfléchir, je ne réfléchis pas, ça ne marche pas comme ça, je ne marche pas en réfléchissant, je sors des pensées non réfléchies, je sors des pensées qui ne sont pas pensées par moi, elles me viennent, mais elles ne sont pas à moi, je ne fais pas retour sur mes pensées, je ne fais pas retour sur ce qui m'appartient pas, je ne tiens pas dans la parole, je déborde, la parole me sort des pensées que je n'ai pas dites, je suis soufflé, et j'accepte, j'accepte le vent, accepte d'être dit, je dis oui, ne m'approprie rien, je ne veux rien avoir à faire, rien avoir à dire, je veux être libre de tout faire, libre de tout dire, j'accepte que tous les mots me viennent, qu'ils puissent tout faire, qu'ils puissent tout dire, je dis oui à ce qui vient, j'accueille le oui de tout ce qui parle, la parole me parle, et elle me dit oui, tous les mots qu'elle parle sont des oui, c'est les bouches qui disent non, mais les mots disent oui, un son de mot est l'affirmation du oui,



la parole est l'affirmation. la parole est l'affirmation de la joie. la joie est une guerre sans conscience. la conscience ne peut rien dire. car la conscience n'a pas la parole. la parole est a l'inconscience. et l'inconscience est joyeuse. l'inconscience est l'affirmation de la joie de parler. on parle de n'importe quoi. car on a pas la conscience de ce qu'on dit. ni la mémoire de ce qu'on a fait. la mémoire est en dehors de la page. la pensée est à la marge de la parole. c'est le présent de la parole qui fait la criture de maintenant. je suis dans la criture de maintenant. je n'ai rien à dire. je suis dans la parole qui fait la criture. j'ai des cheveux noirs. je fais le sexe. pour faire le sexe i faut rien faire. les sens sont là. les sens sont des capteurs sexuels. pour faire le sexe les sens se dirigent au bout du sens. au bout de chaque sens il y a un capteur sexuel qui attend l'autre. le sexe est une attente. puis le sexe vient. le sexe est la venue de l'autre. merci. le sexe est la venue de l'affirmation. le sexe est une hallucination. les sens s'ouvrent. les sens sont l'affirmation de l'hallucination. les sens se retournent. dans le sexe les sens sont à bout. les sens ne renoncent pas. avancent. dépassent le stade de la renonciation. les sens passent au délire de l'affirmation. le délire hallucinatoire est un emportement sexuel. le sexe emporte toute la pensée. la pensée vient d'un dérèglement de la perception. l'écroulement de la perception est une ouvertur'à la pensée. pour pensée il faut un corps effondré. la pensée pense dans le sexe. le sexe pense en direct dans le corps effondré. pour faire la pensée il faut tomber. dans le sexe. et pour faire le sexe il faut rien faire. c'est déjà là.


je n'ai rien à faire, j'essaye vraiment de me laisser faire et je peux ne rien faire si je le veux, mais c'est pas possible, je peux essayer de ne pas bouger, mais, je peux essayer de ne pas parler, je peux essayer de ne pas respirer pour ne rien faire, mais c'est pas possible, il faut se tuer pour ne rien faire, et je peux essayer de me tuer, mais c'est pas possible, c'est pas possible de me tuer parce que j'ai pas envie de me tuer, j'ai envie de vivre, je veux vivre pour continuer ce travail de criture, je veux que ce travail de criture soit tout ce que je fasse, je ne veux rien faire d'autre que ce travail de criture, mais en même temps je ne veux que ce travail de criture ne soit rien, ne soit rien de particulier, ne parle de rien de particulier, je veux que ce travail de criture ne soit assujetti à aucun sujet, aucun objet, aucune intention, aucune action particulière, je veux que ce travail de criture que je suis en train de faire ne parle que de ce que c'est en train de dire, lui i dit, et pas moi, moi ne dit rien, moi je fais, je veux faire ce que la criture fait, je ne veux pas que ça dépasse, que ça déborde ailleurs que là où c'est en train de se faire, ce que je veux c'est ce que la criture veut, je veux tenir ce travail de criture dans le présent de mon corps, je veux maintenir ma criture dans le corps de ma vie de maintenant, je veux que ma criture m'aide à vivre, que ma criture me fasse une vie, une vie à elle, que je vivrais moi, je veux que mon travail de criture puisse être entendu par toumonde, je veux que mon travail de criture puisse aider toumonde a trouvé une place dans sa vie, un point de basculement, un mouvement dans sa vie, toumonde vit sur un cheval a bascule, je veux que le travail de criture que je fais fasse parler toumonde de son point de bascule, toumonde a besoin de basculer dans le vide pour vivre, toumonde a besoin de trouver sa place dans le mouvement de vie qui bascule, je veux que mon travail de criture soit le point de force sur lequel toumonde puisse s'appuyer pour se faire basculer dans le mouvement qu'il veut, je veux que ce que veut toumonde soit ce que veut ma criture, je veux que toumonde puisse venir à mon travail de criture, et pour que toumonde vienne a mon travail de criture i faut plus que je sois là, faut que je laisse la place, je veux disparaitre dans toumonde, je veux disparaitre dans l'utilisation que toumonde ferait de la criture, je veux que la criture emporte toumonde avec moi dedans dans un endroit où les paroles serait dites par toumonde et ce serait les mêmes paroles que toumonde dit en même temps mais toutes différentes et que toumonde comprennent les paroles des autres toumonde avant même que les autres toumonde les ait dites



toumonde fait l’amour mais les gens jolis font plus l’amour que toumonde les gens jolis ça veut dire qu’i zont un corps jolis et les gens jolis se reconnaissent entre eux et les gens jolis se trouvent facilement et des fois même il y a des rassemblements qui sont organisés des rassemblements de gens jolis et le corps jolis des gens jolis se touchent facilement et les gens jolis se parlent facilement entre gens jolis il y a de la facilité et la possibilité de faire l’acte de sexe est facile entre gens jolis aux corps jolis ou l’acte de parole ou l’acte de toucher ou l’acte de caresser ou l’acte de mettre les doigts quelque part ou l’acte de prêter des objets voilà tous ces actes se font facilement entre gens jolis i sont faciles i se parlent facilement et i se touchent et i rigolent de leur parole et de leur sexe i rigolent de leurs sexes qui s’avancent avec envie i rigolent de leur envie i rigolent de leur corps qui s’avancent pour faire l’amour aux corps jolis des gens jolis i se font l’amour entre eux les corps jolis voilà i vivent comme ça les gens jolis i se parlent i se touchent le corps i font des choses qui font rigoler i font l’amour et la parole et puis après i s’en vont le rassemblement se dissou i s’en retournent c’est comme ça c’est i sont jolis c’est des gens jolis i zont un corps qui s’en retourne à la fin



(texte paru aux éditions inventaire/invention en 2004)